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L'artiste

Pieter Wagemans est né le 11 août 1948 à Merksem (Anvers). Dès sa prime jeunesse, l'artiste a spontanément mêlé le dessin à sa vie, un don qu'il a vraisemblablement reçu de son père. Il eut vite conscience que ce talent devait être développé. Dès l'âge de 15 ans il décida de suivre les cours de l'Académie des Beaux-Arts d'Anvers.

1964 : Photo d'un groupe d'étudiants de l'Académie des Beaux-Arts d'Anvers, dirigés par le professeur Gorus. Pierre est accroupi au centre.

Au cours de sa formation à l'Académie, il eut l'occasion de beaucoup dessiner dans le réel, surtout des natures mortes mais aussi des nus et des paysages, sous la direction d'éminents professeurs tels Jacques Gorus et Victor Dolfyn. Leurs précieux apports lui ont permis de maîtriser les méthodes classiques. Des leçons où l'on travaillait très dur avec des étudiants particulièrement motivés !

En 1969, Pieter obtint le diplôme de graphiste, artiste-peintre et illustrateur. Après son service militaire, il entama une carrière d'indépendant comme concepteur et illustrateur et travailla des années durant pour diverses maisons d'édition. .

1976 : Au travail pendant l'exécution d'une série de plafonds dans un bâtiment historique d'Anvers.

Des années durant, il perfectionna sa technique picturale. Ce fut une longue quête vers un style idéal, le mieux adapté à sa vision et à sa méthode de travail. Sa formation à l'Académie l'avait mis sur la bonne voie mais il y avait encore un long chemin à parcourir. C'est au cours de cette période que Pieter accepta d'exécuter des peintures d'art sur les plafonds de la résidence - datant du 16e siècle - du peintre anversois David van Noort. Ces œuvres, réalisées d'après des maîtres anciens, lui apportèrent l'expérience nécessaire en matière d'emploi des couleurs, de jeux d'ombre et lumière, d'importance de la composition, etc..

 

1964 : Dessin au fusain d'un buste romain, réalisé comme épreuve d'examen de première année dans la classe du professeur Felbier

1965 : Dessins à la craie rouge d'un modèle vivant, réalisés au cours de la formation à l'Académie. Les étudiants devaient s'efforcer d'exécuter ce type d'esquisse en moins de 2 minutes, ne serait-ce que parce que les poses demandées au modèle exigeaient de grands efforts de sa part.

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Son style
Au fil du temps, Pieter réalisa que sa préférence allait de plus en plus vers la peinture réaliste. "Il s'agit plus d'un trait de caractère que d'un choix de style délibéré", dit Pierre.

Par l'étude de natures mortes célèbres et de peintres floraux tels que Davids de Heem, Willem Heda et Rachel Huys, Pieter a affermi son sens de la couleur et amélioré sa technique. Sur le plan thématique, sa préférence va vers les objets d'art anciens. En sondant la valeur symbolique de la composition, il bâtit une œuvre saisissante. Le thème de la "vanité", ce type de nature morte évoquant l'évanescence et la fragilité de la vie, est pour lui une grande source d'inspiration, ce qui le conduit souvent à figurer la beauté sous la forme d'une composition florale.

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Pierre dans son atelier
Ces dernières années, il s'est surtout spécialisé dans la composition florale, comme variante aux natures mortes. Par rapport à ces dernières, ses œuvres florales présentent de grandes différences, tant dans l'expression que dans la technique, la composition et la palette de couleurs. Les nuances sont plus pures et plus contrastées. Grâce aux fleurs, les compositions sont plus étoffées et donnent une impression baroque. Pieter exécute toutes ces œuvres dans son atelier, les paysages étant le fruit spontané de son imagination. Quant au choix de l'harmonie profonde, la préférence de l'artiste se porte le plus souvent sur l'embrasement d'un soleil couchant.

"Les fleurs sont un produit de la nature.
C'est donc dans la nature qu'elles seront le mieux représentées".

"La rose a ma préférence", dit Pieter, "ne serait ce que par son rayonnement aristocratique. Surtout en combinaison avec de belles étoffes et des objets usuels en argent, on parvient aux plus belles compositions".

La peinture réaliste de fleurs requiert une grande discipline car la notion de "temps" forme un obstacle important. Une fleur est toujours en mouvement et c'est là que se cache la difficulté. C'est pour cette raison que le peintre n'utilise en aucun cas une ébauche mais peint chaque fleur séparément, en une fois ("à la prima")

Une seule fleur exige parfois toute une journée, parfois seulement quelques heures. Certaines compositions florales n'ont jamais existé dans la réalité car les fleurs ont été peintes une à une dans un laps de temps de plusieurs semaines.

 

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Sa technique
Peindre demande du temps et de la patience. "Je passe souvent des heures à assembler une nouvelle composition de nature morte", dit Pieter. "Pour cela, j'ai besoin d'objets en suffisance. Au fil des années, mon atelier s'est transformé en petit musée d'objets usuels anciens. Certaines cruches sont des trouvailles archéologiques du 16e siècle, d'autres objets proviennent des marchés d'antiquités que je visite régulièrement."

"Pour les tableaux de petites dimensions, j'opte de préférence pour un panneau - en MDF pour être précis. Sur un tel panneau, j'applique deux couches de fond pour en diminuer l'absorption et obtenir une bonne adhérence. Pour les toiles de grandes dimensions j'utilise la meilleure toile de lin belge enduite de trois couches de blanc de zinc afin d'obtenir une surface suffisamment lisse."


Après l'agencement de la composition, le dessin précis est exécuté à la mine de graphite. Ensuite vient l'ébauche. Celle-ci est réalisée en une première couche assez épaisse à l'aide d'un mélange maigre : trois parts de térébenthine pour une part d'huile de lin. L'ébauche est faite volontairement dans des tonalités un peu plus sombres mais aussi proches que possible des couleurs finales, donc pas d'ébauche en grisaille ou en brun homogène. Le peintre n'utilise une ébauche brun/gris que pour les portraits. C'est aussi au cours de cette phase que le jeu d'ombres est déterminé.

"Pour moi, l'ébauche est cruciale dans l'élaboration d'un tableau," dit Pieter. "Si elle est bien réussie, le tableau ne sera quasi jamais un échec. Au cours de la finition, je procède de l'arrière-plan vers l'avant. J'emploie alors un mélange plus gras : une part de térébenthine, une part d'huile de lin et deux cuillères à soupe de "standolie" (huile de lin polymérisée) pour un volume d'un demi-litre. Ce mélange convient parfaitement tant sur toile que sur panneau.


Pour obtenir une bonne expression de la matière, il est très important d'observer les diverses structures en profondeur mais cette faculté ne peut être maîtrisée qu'après avoir beaucoup peint. Chaque objet a en effet ses caractéristiques propres. En fait, on voit des milliers de détails mais on ne peut pas les peindre tous. L'art d'en ignorer certains est donc très important. Pour réussir un tableau, on ne peut pas se contenter d'une approche photographique. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle un tableau peut dépasser la photo sur le plan artistique.
J'effectue rarement un glaçage - seulement pour améliorer l'effet de profondeur des ombres - car la spontanéité des couleurs propre à la peinture "à la prima" en souffrirait."


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Editeur responsable : Pierre Wagemans
Impression: Danneels, Beerse, Belgique 2003